Lecture Analytique : Incendies, Wajdi Mouawad, Les pelouses de Banlieu

Print Friendly, PDF & Email
Revenir à l’objet d’étude

 

Scène 13, Les pelouses de Banlieu, du livre INCENDIES de Wajdi Mouawad [P.13 de « Jour » à P.15, « sanglots »], publié en 2009, écrit en 2003

 

Texte et Auteur
  • Pièce de Wajdi Mouawad, auteur libano-franco-québécois qui a fui la guerre civile au Liban
  • Relate le parcours de deux jumeaux qui, à la mort de leur mère, découvre l’histoire de leur famille complexe en déchiffrant le passé de leur défunte mère

 

Extrait
  • Situation scène clé au milieu de la pièce les jumeaux sont chez Hermile Lebel pour signer les papiers de succession. Le passé va faire interruption par le récit du notaire, d’après les confidences de Nawal.
  • Le notaire: Registre comique se perd dans ses explications narrateur externe lorsqu’il raconte ce qu’il s’est à Jeanne “elle m’a raconté” – aucune émotion. Son récit est plus court que celui de Nawal, il est coupé par Sawda cherchant Nawal (passer)
  • Nawal: Son récit débute quand elle répond aux appels de Sawda récit au passé composé temps de l’oral pour lier avec le présent. Narrateur interne – témoin et acteur « j’étais dans l’autobus », « ils m’ont laissé descendre »
  • Elle raconte ce qu’elle vient de vivre: Description détaillée succession des émotions « j’ai hurlé » phrases longues répétitions gradation libération du poids de son vécu culpabilité
  • Mise en abyme récit dans le récit souligné l’importance de la scène succession du même récit par deux personnes point commun nombreux bus, participants mes points de vue différent de retranscription de la vision à la parole différentes.
  • Vision d’horreur -> Éléments descriptifs concret et réaliste / Procédé de l’hypotypose nombreux / détails et verbe en rapport avec le champ lexical du feu et de la violence / verbes forts = vision horrible pour le spectateur
  • Didascalie : « les arrosoirs crachent du sang et inondent tout »
  • Les sens sont mis en évidence : La fumée, l’essence (odeur) versée sur le bus, la mort des passagers (odeur) : aucun survivant. Bruit de mitraillette (son), le bus s’embrase (visuel). « J’ai hurlé » (son) ; « ils nous ont arroser » (visuel et toucher)
  • Usage de la première personne permettant l’identification du lecteur au personnage : On peut se voir en Nawal ou en les passagers. Tout le monde peut être victime de la barbarie. Le « nous » permet d’inclure le lecteur, spectateur.
  • Caractère dramatique du récit mis en évidence par différents détails : Une jeune femme essayer de sauver son bébé mais elle meurt elle se sacrifie. Puis  l’enfant est brûlé vif ce qui suscite la pitié du lecteur.
  • Dramatisation de la scène : « le chapeau a fondu. Tout le monde a brûlé! » en partant de la mort de la femme puis de tout le monde.
  • Récit de Nawal convaincant avec des détails précis qui suscite l’imagination du lecteur/spectateur et son implication. Les sentiments de Nawal lui sont entièrement dévoilés (réalisme, émotion)
  • La scène a pour fonction de dépeindre les horreurs de la guerre. Il n’y a pas de détails précis sur les lieux pas de détails précis sur les victimes c’est une injustice universelle.
  • La scène permet aussi d’émouvoir et d’indigner. L’émotion provient de la mort des innocents et de celle de l’enfant où des détails sordides sont décrits. L’indignation vient avec le sentiment d’injustice: ces civils innocents ne devraient pas être pris pour cible dans ce combat.

 

Conclusion
  • Cette scène permet de rendre l’histoire de Nawal universelle et de montrer l’origine de la violence :  elle peut naître de tout, n’importe où par n’importe qui et à l’égard d’innocent.
  • Le passé fait encore irruption, montrant l’importance des origines. On peut alors comprendre le titre de l’œuvre « Incendie ».

 

Problématiques
  • Montrez le caractère dramatique de cette scène.
  • Par quels procédés l’auteur offre-t-il une vision d’horreur au lecteur ?

 

Ouvertures
Partage cette fiche de cours à ton entourage:

Laisser un commentaire